Quelle est la nouvelle feuille de route du gouvernement pour lutter contre le cancer ?
Le cancer est l’une des premières causes de mortalité en France. Le nombre de nouveaux cas de cancer a doublé entre 1990 et 2023, en raison notamment du vieillissement de la population. 40 % des cancers sont évitables grâce à la prévention et le dépistage organisé. Quelle est la stratégie du gouvernement pour lutter contre les cancers ? Présentation de la nouvelle feuille de route gouvernementale 2026 – 2030
Quels sont les 5 axes de lutte contre le cancer du gouvernement ?
La feuille de route 2026-2030 du gouvernement, qui s’inscrit dans une stratégie décennale 2021-2030, se concentre sur cinq priorités et cinq publics pour soutenir la recherche, améliorer la prévention, les soins et l’accompagnement des personnes malades du cancer et les aidants :
- bâtir une génération prévention,
- proposer un dépistage généralisé,
- construire un parcours de santé augmenté,
- créer un service public du cancer,
- libérer le potentiel de la recherche et des données.
C’est après consultation de l’ensemble des parties prenantes et sur l’avis du Conseil scientifique international de l’Institut du cancer que cette nouvelle feuille de route a été élaborée.
Les 5 priorités d’action du gouvernement en matière de lutte contre les cancers
1. Instaurer une culture de la prévention chez la jeune génération
Les habitudes de vie et les inégalités de santé se constituent dès l’enfance. L’enjeu est de mobiliser tous les acteurs en contact avec les jeunes pour créer des environnements protecteurs et des stratégies cohérentes :
- renforcement de la prévention précoce,
- lutte accrue contre le tabac et l’alcool,
- attention portée à la prévention des cancers de la peau et du col de l’utérus,
- meilleure protection face aux risques environnementaux.
2. Un dépistage pour tous
Détecter plus tôt les cancers, c’est guérir davantage. L’objectif est donc de dépister davantage de personnes le plus tôt possible.
Des efforts vont porter sur :
- l’augmentation de la participation aux programmes existants,
- la généralisation d’un dépistage organisé du cancer du poumon d’ici 2030,
- une approche plus personnalisée ciblant les profils à risque aggravé.
3. Un parcours de soins renforcé
La qualité des soins français est reconnue, mais le parcours patient doit être amélioré dès l’entrée dans les soins et jusqu’à la fin des traitements.
Pour ce faire, des actions vont être mises en place pour :
- accélérer le diagnostic et l’accès aux premiers soins, notamment pour les personnes atteintes de cancer de mauvais pronostic ;
- développer les soins à domicile,
- meilleure prise en charge des séquelles pour améliorer la qualité de vie pendant et après les traitements.
4. Un service public du cancer
Un service public du cancer doit garantir la cohérence nationale de l’action et un accès équitable à des services de qualité sur tout le territoire pour chaque citoyen.
Le service public du cancer passe par :
- une meilleure information des citoyens, sur les démarches à faire et les droits des malades,
- la création d’un registre national des cancers pour améliorer le pilotage,
- une meilleure lisibilité de l’offre de soins sur l’ensemble du territoire.
5. Recherche et innovation au service des patients
La science évolue vite. Il s’agit :
- d’encourager une recherche ambitieuse,
- de renforcer les efforts sur les cancers de l’enfant,
- d’élargir l’accès aux essais cliniques et aux innovations thérapeutiques,
- de développer des applications de l’intelligence artificielle à la fois efficaces, sécurisées et éthiques.
Les cinq publics prioritaires en matière de lutte contre les cancers
Pour garantir un accès équitable à tous, cinq groupes font l’objet d’une attention particulière :
Les personnes en situation de handicap
En France, 12 millions de personnes sont en situation de handicap. Leur parcours en cancérologie est marqué par les inégalités.
Il s’agit donc de lever les obstacles à la prévention, au dépistage et aux soins, en adaptant les dispositifs aux différents types de handicap.
Les jeunes (0-24 ans)
Les adolescents et jeunes adultes (AJA) de 15 à 24 ans occupent une place particulière entre l’enfance et l’âge adulte. Leurs besoins, qu’il s’agisse des pathologies rencontrées ou des formes d’accompagnement nécessaires, restent encore trop souvent mal pris en compte. Adapter les parcours de soins à leurs spécificités est donc une priorité. Parallèlement, la lutte contre les cancers de l’enfant (0-14 ans) se poursuivra sur tous les fronts : recherche, organisation des soins et soutien aux familles.
Plusieurs actions concrètes sont prévues :
- approfondir la connaissance des cancers pédiatriques et des AJA, notamment sur le plan de leurs causes et de leur évolution ;
- élargir l’accès des adolescents et jeunes adultes aux traitements les plus récents ;
- garantir à chacun des soins de qualité et un accompagnement véritablement adapté à son âge et à sa situation ;
- assurer un suivi personnalisé tout au long du parcours, de l’enfance jusqu’au jeune âge adulte.
Les résidents des territoires ultramarins
Les différents territoires ultramarins présentent des réalités géographiques, culturelles, démographiques et institutionnelles diverses, mais font face à des défis communs : éloignement, fragilités socio-économiques et situation sanitaire globalement moins favorable qu’en métropole.
Pour y répondre, des dispositions adaptées seront déployées dans l’ensemble de ces territoires (départements et régions d’Outre-mer (DROM), collectivités d’Outre-mer (COM) et territoires à statut particulier) en lien avec les conventions établies avec l’État et les orientations des exécutifs locaux.
Les axes d’action retenus sont les suivants :
- concevoir des politiques de prévention qui tiennent compte des réalités et des besoins propres à chaque territoire ;
- améliorer la coordination entre les acteurs de santé et fluidifier les parcours de soins ;
- renforcer les liens et les échanges avec la métropole ;
- encourager la recherche locale et faciliter l’accès aux innovations thérapeutiques.
Le monde du travail
Les employeurs ont un rôle clé à jouer face au cancer. Près de quatre personnes sur dix sont en activité au moment de leur diagnostic : les accompagner dans cette épreuve est une responsabilité. Au-delà de ce soutien individuel, les entreprises ont également vocation à devenir de véritables relais de la prévention, en agissant directement auprès de leurs collaborateurs. Une attention particulière sera également portée aux travailleurs indépendants et aux personnes en recherche d’emploi, souvent moins bien couverts par les dispositifs existants.
Les priorités pour les cinq prochaines années sont les suivantes :
- aider les salariés à mieux concilier maladie et vie professionnelle ;
- renforcer l’accompagnement des travailleurs indépendants et des demandeurs d’emploi ;
- affirmer et structurer le rôle de l’employeur comme acteur à part entière de la prévention des cancers ;
- mieux prévenir les expositions professionnelles aux risques cancérogènes et améliorer leur reconnaissance.
Les personnes âgées
Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables face au cancer : fragilité liée à l’âge, perte d’autonomie, comorbidités et tolérance parfois difficile aux traitements. Le vieillissement de la population amplifie ce défi, avec une incidence des cancers en constante augmentation chez les plus âgés.
Pourtant, les politiques de lutte contre le cancer et celles dédiées à l’autonomie et au grand âge restent encore trop peu articulées. Des actions ciblées visent à combler ce fossé.
Concrètement, l’Institut national du cancer souhaite :
- adapter les programmes de prévention et de dépistage aux réalités et aux contraintes des personnes âgées ;
- améliorer la qualité et la cohérence des parcours de soins pour les patients âgés atteints de cancer ;
- favoriser leur inclusion dans les essais cliniques, afin que les avancées de la recherche leur bénéficient également.
Sources :
https://www.info.gouv.fr/actualite/la-nouvelle-feuille-de-route-contre-les-cancers