Pourquoi les antibiotiques, c’est pas automatique ?

Le slogan lancé par l’Assurance maladie en 2002 « Les antibiotiques, c’est pas automatique », qui a marqué toute une génération en France, n’a jamais été autant d’actualité. Selon Santé Publique France (SPF), la consommation d’antibiotiques en France a augmenté en 2024. D’après une enquête récente, le comportement des Français face aux antibiotiques est très inquiétant, alors que l’antibiorésistance serait la première cause de mortalité dans le monde. En France, d’ici 2050, on estime que 238 000 personnes mourront des suites de l’antibiorésistance.

 

Hausse de la consommation des antibiotiques en France en 2024

Santé Publique France (SPF) a constaté en 2024 une augmentation significative des prescriptions d’antibiotiques par rapport à 2023, soit + 4,8 %.

 

860 prescriptions pour 1000 habitants

SPF comptabilise plus de 860 prescriptions d’antibiotiques pour 1 000 habitants alors que l’objectif fixé par la Stratégie nationale de prévention des infections et de l’antibiorésistance est de moins de 650 prescriptions pour 1 000 habitants d’ici 2027.

 

La France : deuxième pays le plus consommateur d’antibiotiques au monde

Cinquième en 2023, la France devient ainsi le deuxième pays le plus consommateur d’antibiotiques en Europe, en 2024.

 

Une méconnaissance et des comportements inquiétants face aux antibiotiques

Fin 2024, la revue médicale ScienceDirect a mené une enquête auprès de 1000 Français et 301 médecins généralistes pour évaluer l’impact actuel du slogan « Les antibiotiques c’est pas automatique » lancé en 2002.

 

Une pression exercée sur les médecins de plus en plus forte pour obtenir des antibiotiques

Les résultats révèlent une détérioration inquiétante des comportements par rapport aux années 2000 : plus d’un tiers des Français demandent directement des antibiotiques à leur médecin, un chiffre trois fois supérieur à celui de 2006. Cette tendance est particulièrement marquée chez les moins de 35 ans, dont 32 % consultent un autre médecin en cas de refus de prescription.

La pression sur les prescripteurs s’est intensifiée, avec 90 % des médecins qui considèrent leurs patients comme exigeants et 58 % qui éprouvent des difficultés à résister aux demandes.

 

Seuls 44 % des Français savent que les antibiotiques ne sont pas efficaces contre les virus, notamment contre la grippe

Au-delà des comportements, l’étude met en évidence une méconnaissance persistante des antibiotiques au sein de la population française. Seuls 44 % savent qu’ils ne sont pas efficaces contre la grippe, et de nombreuses idées fausses circulent encore. Malgré les efforts des médecins qui se considèrent comme les premiers relais d’information, le niveau de connaissance reste modéré.

L’étude conclut que 22 ans après la campagne historique, les bénéfices se sont complètement estompés, soulignant le caractère éphémère des campagnes de sensibilisation ponctuelles et la nécessité d’investir dans une éducation à la santé continue et transgénérationnelle pour garantir le bon usage des antibiotiques.

 

Pourquoi est-il dangereux de consommer trop d’antibiotiques 

 

Les antibiotiques luttent contre les infections bactériennes

Les antibiotiques sont des médicaments prescrits pour lutter contre les infections dues à des bactéries (pneumonies, bronchites, otites, infections urinaires, septicémies, etc.).

Depuis l’utilisation de la pénicilline en 1941 (découverte en 1928), les antibiotiques ont permis de faire reculer considérablement la mortalité due aux maladies infectieuses. Les antibiotiques ajoutés à la vaccination ont permis de faire gagner 20 ans d’espérance de vie.

Les antibiotiques tuent les bactéries ou empêchent leur prolifération mais leur mauvaise utilisation entraîne la résistance des bactéries.

 

L’antibiorésistance : l’adaptation des bactéries aux antibiotiques

L’antibiorésistance, c’est l’adaptation des bactéries aux attaques antibiotiques qui mettent en échec le ou les traitements. Cette résistance entraîne de nombreux problèmes de santé publique car des pathologies évoluent vers des formes plus sévères entraînant parfois de lourdes hospitalisations, voire même la mort. Guillaume Depardieu en est l’exemple le plus célèbre.

 

L’antibiorésistance : l’une des causes principales de mortalité dans le monde

Dans le monde, l’antibiorésistance est l’une des sources principales de mortalité. C’est ce que révèle une étude parue en septembre 2024 dans The Lancet. Entre 2018 et 2023, la résistance aux antibiotiques a augmenté dans plus de 40 % des associations agent pathogène-antibiotique faisant l’objet d’une surveillance, l’augmentation annuelle moyenne étant comprise entre 5 % et 15 % (chiffres OMS).

Près de 5 millions de morts par an dans le monde

En 2024, 4,7 millions de morts ont été liés à la résistance aux antibiotiques, c’est à dire des décès survenant alors que le patient présentait une infection par une bactérie résistante aux antibiotiques. Dans ces cas, les patients présentaient plusieurs pathologies et il est impossible d’isoler l’infection comme cause de leur décès.

Multiplication par deux des décès liés à la bactérie Staphylocoque doré

Parmi les espèces figurant dans l’étude the Lancet, on peut citer, par exemple, le staphylocoque doré résistant à la méticilline, avec une multiplication par 2 des décès associés ou attribués à cette bactérie, suivi des bactéries à Gram négatif.

 

120 000 cas et 5 500 décès par an en France liée à l’antibiorésistance

Selon une étude du Centre Européen de Prévention et de Contrôle des Maladies (ECDC), en France, en 2015, quelque 120 000 patients, le plus souvent en milieu hospitalier, présentent une infection à bactérie multirésistante ou hautement résistante, de prise en charge complexe. 5 500 personnes en sont mortes.

L’impact sur la santé de ces infections résistantes est comparable à celui de la grippe, de la tuberculose et du VIH/SIDA réunis.

En France, d’ici 2050, on estime que 238 000 personnes mourront des suites de l’antibiorésistance.

 

Quels comportements adopter avec les antibiotiques ?

Après l’exposé des dangers de l’antibiorésistance, voici toutes les informations à connaitre sur les antibiotiques :

  • Un antibiotique n’agit que sur les infections bactériennes
  • Les antibiotiques n’ont aucun effet sur les virus
  • Un ou plusieurs antibiotiques agissent sur une sélection plus ou moins large de bactéries
  • Les contre-indications, précautions d’emploi et effets indésirables sont nombreux : ils peuvent détruire aussi les bonnes bactéries et déséquilibrer les différents microbiotes. Ils entrainent souvent des diarrhées, etc.
  • Prenez des antibiotiques seulement s’ils ont été prescrits par un professionnel de la santé dûment qualifié
  • Suivez toujours jusqu’au bout le traitement prescrit, même lorsque vous vous sentez mieux, en respectant les modalités de prises
  • N’utilisez jamais des antibiotiques restants d’une prescription précédente
  • Ne partagez jamais des antibiotiques avec d’autres personnes
  • Prévenez les infections en vous lavant régulièrement les mains, en évitant les contacts avec les personnes malades et en veillant à être à jour de vos vaccinations

Ainsi, vous lutterez contre la résistance aux antibiotiques, vous permettrez aux patients les plus infectés de s’en sortir et vous n’entraverez pas les avancées médicales.

 

 

 

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Risque accru de grossesse extra-utérine avec le stérilet Jaydess

La contraception par stérilet reste l’une des méthodes contraceptives les plus fiables. Pourtant, une récente étude menée par Epi-Phare apporte un éclairage nouveau sur les risques de grossesse extra-utérine selon le type de stérilet utilisé.

 

Qu’est-ce qu’une grossesse extra-utérine ?

Une grossesse ectopique ou grossesse extra-utérine (GEU) se produit lorsque l’embryon s’implante en dehors de la cavité utérine, généralement dans une trompe de Fallope. Cette situation constitue une urgence médicale car l’évolution de la grossesse peut entraîner une rupture tubaire et des hémorragies internes potentiellement graves.

En France, près de 2 grossesses sur 100 sont extra-utérines, ce qui représente près de 16 000 cas par an.

Bien que le stérilet réduise considérablement le risque de tomber enceinte, la question de la localisation de la grossesse en cas d’échec contraceptif (avec stérilet) mérite attention.

Mais n’oublions pas que les risques de grossesse extra-utérine restent bien supérieurs en cas de non contraception.

 

Les résultats de l’étude EPI-PHARE sur les stérilets

Méthodologie de la recherche

L’étude, réalisée par le groupement d’intérêt scientifique EPI-PHARE et publiée dans la revue scientifique New England Journal of Medicine Evidence, a analysé les données de santé de femmes ayant reçu leur premier stérilet entre 2018 et 2022. Les chercheurs ont comparé les différents types de dispositifs intra-utérins disponibles en France :

  • Stérilets hormonaux au lévonorgestrel : Jaydess (13,5 mg), Kyleena (19,5 mg), Mirena (52 mg) et Donasert (52 mg)
  • Stérilets au cuivre : sans hormone

 

Des risques variables selon le dosage hormonal du stérilet

Les conclusions de cette vaste étude pharmaco-épidémiologique révèlent une corrélation entre le dosage hormonal et le risque de grossesse extra-utérine :

Pour les stérilets hormonaux :

  • Jaydess (13,5 mg) : 18 cas de GEU pour 10 000 utilisatrices par an
  • Kyleena et Mirena/Donasert (52 mg) : 4 cas de GEU pour 10 000 utilisatrices par an

Pour le stérilet au cuivre :

  • 7 cas pour 10 000 utilisatrices par an

Les données démontrent clairement que plus le dosage en lévonorgestrel est élevé, plus le risque de grossesse ectopique diminue. Le stérilet Jaydess, le moins dosé, présente un risque 2 à 3 fois supérieur aux autres options contraceptives intra-utérines.

 

Des risques qui restent faibles

Il est essentiel de replacer ces résultats dans leur contexte. Même avec le stérilet le moins protecteur (Jaydess), le taux de grossesse extra-utérine demeure très faible : 0,18 % par an. Ces chiffres sont considérablement inférieurs au risque encouru sans aucune contraception, où la probabilité de grossesse est naturellement bien plus élevée.

 

Quelle contraception choisir ?

L’efficacité contraceptive globale reste excellente

Tous les dispositifs intra-utérins demeurent parmi les méthodes contraceptives les plus efficaces, avec un taux d’échec inférieur à 1 %. La contraception hormonale par DIU offre également des avantages supplémentaires comme la réduction des règles douloureuses et abondantes.

 

Faire un choix éclairé avec votre médecin ou sage-femme

Cette étude ne remet pas en cause l’utilisation des stérilets hormonaux faiblement dosés, mais permet d’informer les femmes sur les nuances entre les différentes options. Le choix d’un stérilet doit se faire en concertation avec un professionnel de santé, en tenant compte de :

  • L’historique médical personnel
  • Les préférences en matière de flux menstruel
  • La tolérance aux hormones
  • Les facteurs de risque individuels

Le stérilet hormonal Jaydess présente un risque légèrement accru de grossesse ectopique comparé aux stérilets plus fortement dosés ou au stérilet au cuivre. Néanmoins, ce risque reste minimal et ne doit pas occulter l’excellente efficacité contraceptive globale des dispositifs intra-utérins.

Le choix du stérilet optimal dépend de multiples facteurs personnels. Un dialogue approfondi avec votre médecin ou sage-femme vous permettra d’identifier la méthode contraceptive la mieux adaptée à votre situation.

 

Reconnaître les symptômes d’une grossesse extra-utérine

Quelle que soit la contraception utilisée, il est crucial de connaître les symptômes d’une grossesse extra-utérine :

  • Douleurs pelviennes intenses et localisées
  • Saignements vaginaux anormaux
  • Malaise ou étourdissements
  • Douleur à l’épaule (signe d’hémorragie interne)

Ces manifestations nécessitent une consultation médicale urgente.

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Gueule de bois : les remèdes

Les fêtes et leurs excès entrainent des lendemains de soirées difficiles. Mal de tête, nausées, vomissements, difficultés de concentration et bouche sèche sont les symptômes les plus courants de la gueule de bois. Ils sont dus à la déshydratation de nos cellules. Quels sont les remèdes contre la gueule de bois ?

 

Que se passe-t-il lorsque l’on boit de l’alcool ?

Lorsque l’on consomme de l’alcool, celui-ci passe immédiatement dans le sang et de façon très rapide si l’estomac est vide. Il est acheminé directement au cerveau où il agit sur les neurotransmetteurs et produit des effets néfastes sur différentes fonctions cérébrales : baisse de l’acuité visuelle, de l’attention, de la concentration…

L’alcool entraîne aussi une déshydratation qui va avoir comme conséquence une fatigue, des douleurs dans le dos, des maux de tête. Il perturbe aussi le cycle du sommeil, ce qui augmente le risque d’être fatigué le lendemain.

La capacité d’élimination de l’alcool par les enzymes varie d’un individu à l’autre. Ce qui explique pourquoi les femmes supportent moins bien l’alcool que les hommes et que les enfants supportent moins bien que les adultes, leur quantité d’enzyme capable d’éliminer l’alcool est moindre.

 

Quelques conseils pour éviter la gueule de bois

Il n’y a malheureusement pas de solution miracle pour éviter la gueule de bois. Aucun traitement n’a fait preuve de son efficacité pour empêcher ses symptômes. Seule la prévention par l’abstinence ou la modération est indiquée.

Durant la soirée, il est conseillé de boire un verre d’eau entre deux verres d’alcool. Buvez aussi avant d’aller vous coucher et au lever pour aider les reins à éliminer l’alcool présent dans le sang. 

L’alcool passant dans le sang plus vite quand l’estomac est vide, il est préconisé de manger avant de consommer de l’alcool. Lorsque l’alcool est mélangé à la nourriture, il y a un ralentissement de son passage dans le sang.

 

 

 

A proscrire en cas de gueule de bois

Ne pas prendre de Doliprane, Ibuprofène ou aspirine

Aucun médicament non plus ne permet d’éliminer la gueule de bois. Certaines pratiques courantes sont également à proscrire :

– Le paracétamol (Doliprane, Efferalgan, Dafalgan) peut être toxique pour votre foie, déjà bien fatigué par la consommation importante d’alcool ; en prendre avant de se coucher est peut-être pire que l’alcool seul. Attention avec le paracétamol qui pourrait augmenter le risque d’hépatite chez des personnes qui consomment souvent de l’alcool.

– Les anti-inflammatoire non stérodiens (AINS) avec l’ibuprofène en chef de file (Advil, Nurofen, Spedifen) soulageront bien quelques symptômes, mais les irritations de l’estomac seront à leur apogée, entrainant brûlures d’estomac, reflux gastrique et gastrite.

– L’aspirine entrainerait les mêmes effets néfastes mais elle a la particularité d’augmenter le passage de l’éthanol dans le sang, augmentant ainsi sa toxicité. Il ne faut donc jamais prendre d’aspirine avant de se coucher dans le but d’éviter une gueule de bois.

 

Eviter le café 

Le café stimulera le cerveau endolori mais il est diurétique, ce qui augmente la déshydratation à l’origine de la gueule de bois.

 

Les remèdes : manger, se réhydrater, se reposer et détoxifier

Manger

A l’inverse, en cas de gueule de bois, il est plutôt conseillé de manger car la consommation d’alcool provoque une hypoglycémie réflexe participant aux symptômes indésirables. Optez pour des aliments et des boissons hydratants, tels que l’eau de coco, les fruits riches en eau et les soupes légères. Privilégiez également des aliments apaisants pour l’estomac et le foie comme le riz, le pain complet et le gingembre. Ces choix alimentaires favorisent la réhydratation, apaisent le foie et rétablissent l’équilibre nécessaire à une récupération rapide.

S’hydrater

Nous vous recommandons d’opter pour une hydratation optimale en buvant de l’eau régulièrement et en évitant les boissons sucrées ou caféinées.

Prendre un bain chaud aux sels d’Epsom

Vous pouvez aussi explorer des techniques de récupération telles que des bains chauds avec sels d’Epsom (sulfate de magnésium) pour détendre les muscles et stimuler la circulation.

Se reposer

Enfin, accordez-vous un temps de repos adéquat pour permettre à votre corps de récupérer naturellement. L’alcoolémie commence à baisser 1 heure après la dernière prise d’alcool et il faut compter environ 1 h 30 pour éliminer chaque verre. Il faut être patient, et prévoir une journée pour se reposer un lendemain de fête !

Détoxifier le foie

Certaines plantes pourront vous aider à détoxifier votre foie comme l’artichaut ou le radis noir. Une cure de quelques jours associée à une bonne hydratation vous remettra sur pied !

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