Depuis le 1er juillet 2025, les pharmacies de garde sont entrées en grève illimitée. Cette mobilisation fait suite à l’annonce, le 18 juin dernier, d’une réforme visant à réduire les dépenses de santé.
En cause : la baisse des remises accordées sur les médicaments génériques, qui passent de 40 % à 20 %.
Une mesure qui fragilise de nombreuses officines et inquiète patients comme professionnels de santé.
Qui fait grève ? Qu’est-ce qu’une pharmacie de garde ?
Beaucoup d’actions sont faites par les pharmaciens pour manifester leur mécontentement. La grève des gardes depuis le 1er juillet et une fermeture massive des officines le 16 août dernier, a réduit l’accès au médicament sur le territoire français durant le week-end. Cependant, certaines sont réquisitionnées par la préfecture pour assurer un service minimum, comme pour un service de pharmacies de garde classique.
Une pharmacie de garde n’est pas un établissement différent : il s’agit d’une pharmacie “classique” qui assure un service en dehors des horaires habituels (la nuit, le dimanche ou les jours fériés).
Le service de garde est celui qui est fait en journée, parfois de manière normale avec accès à l’intérieur de la pharmacie. Le service d’urgence est le service de garde de nuit pour lequel les patients restent à l’extérieur.
Chaque département organise des roulements afin que les patients puissent trouver, à tout moment, une pharmacie ouverte en cas d’urgence.
En se mettant en grève, ces pharmacies de garde cessent d’assurer ce service particulier. L’ARS et la préfecture réquisitionne des pharmacies afin d’assurer un service minimum.
Quelles conséquences pour les patients ?
Si la grève se poursuit et qu’aucune mesure n’est corrigée, plusieurs impacts pourraient concerner directement les usagers :
- Un reste à charge plus important : la franchise médicale pourrait être réglée directement en pharmacie, jusqu’à 100 € par patient et par an. Même pour un traitement chronique, il faudra avancer l’argent.
- Des trajets plus longs : avec la menace de fermetures, certaines zones – notamment rurales – risquent de perdre leur unique officine. Résultat : plus de kilomètres, plus d’attente.
- Un service de qualité moindre : pour fonctionner, les officines devront licencier. Avec moins d’employés, il risque d’y avoir de l’attente au comptoir et des conseils plus succincts.
- Un risque de pénuries plus difficile à gérer : moins de pharmacies signifie moins de relais pour trouver des alternatives ou dépanner en cas de rupture de stock. De nouvelles baisses de prix de médicament entrainera un attrait moindre pour l’industriel qui fournira plus facilement ailleurs.
Quelles conséquences pour les pharmaciens et autres professionnels de santé ?
Alors que la pharmacie travaille avec l’assurance maladie pour trouver près d’1 milliard d’€ d’économie par an, le gouvernement décide de manière unilatérale de prendre sur le réseau officinal l’argent des dérives budgétaires de l’hôpital. La baisse des remises sur les génériques fragilise fortement le modèle économique des officines en prenant près d’un tiers de la marge dégagée pour l’entreprise.
Selon les syndicats professionnels :
- 6 000 pharmacies (près d’un tiers du réseau national) seraient menacées de fermeture (les pharmacies sont endettées).
- 30 000 emplois pourraient disparaître (préparateurs, pharmaciens adjoints, étudiants) pour permettre d’équilibrer les comptes.
- Le réseau a déjà perdu plus de 4 000 pharmacies en 10 ans, et environ 200 à 300 ferment chaque année, principalement dans les zones rurales.
Une santé de proximité fragilisée
Les pharmaciens craignent que ces fermetures accentuent les inégalités territoriales en matière de santé.
Moins d’officines, c’est aussi moins de conseils, moins de suivi pour les traitements chroniques, et un accès aux soins de première intention réduit.
Aujourd’hui, plus de 5 000 communes françaises n’ont qu’une seule pharmacie. Pour près de 4 000 d’entre elles, situées en milieu rural, la fermeture signifierait la fin d’un accès de proximité aux médicaments.
Et maintenant ?
La mobilisation des pharmaciens vise à obtenir le retrait ou la modification de cet arrêté passé le 4 août. Les discussions avec les pouvoirs publics sont en cours.
En attendant, l’accès aux pharmacies de garde reste perturbé. Les sites officiels habituels (3237.fr, le site de votre pharmacie, …) donnent toujours les pharmacies réquisitionnées pour un accès aux médicaments urgents en garde ou en garde d’urgence.
Pour défendre l’avenir des pharmacies de proximité et la qualité de votre prise en charge, une pétition a été mise en ligne.