Hervé Maisonneuve nommé référent à l’intégrité scientifique pour trois ans
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En 50 ans, les Français ont perdu 1 h 30 de sommeil. Le sommeil est de plus en plus sacrifié au profit d’obligations professionnelles, de loisirs numériques ou d’un rythme de vie effréné. À l’occasion de la 26e Journée nationale du Sommeil, le 13 mars 2026, il est urgent de rappeler que le sommeil est un pilier fondamental de notre santé. Cet article fait le point sur l’état du sommeil des Français, son fonctionnement, les troubles qui peuvent l’affecter et les bonnes pratiques pour le préserver.
Chaque année à l’occasion de la Journée du Sommeil, l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV), en partenariat avec la Fondation VINCI Autoroutes, publie les résultats d’une grande enquête menée par OpinionWay auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 Français âgés de 18 à 65 ans. L’édition 2025 dresse un tableau préoccupant du rapport des Français à leur sommeil.
Si la durée moyenne de sommeil des Français a légèrement progressé par rapport à 2024, atteignant 7 h 04 les jours de semaine (contre 6 h 42 en 2024) et 7 h 38 le week-end, ces chiffres masquent de profondes inégalités. Surtout, ils restent très loin des 8 h 14 enregistrées en 2019, avant la crise du Covid, signe d’une dégradation structurelle du sommeil sur la décennie.
L’enquête révèle que les Français se couchent de plus en plus tard : 23 h 11 en semaine en moyenne (contre 23 h 06 en 2024) et 23 h 55 le week-end (contre 23 h 46 en 2024). Ce décalage progressif des horaires contribue à creuser la dette de sommeil, particulièrement marquée chez les jeunes adultes.
Au-delà de la fatigue ressentie, la somnolence diurne, qui se traduit par un besoin incontrôlé de dormir dans la journée, constitue un véritable enjeu de sécurité publique. Selon l’enquête, 32 % des Français ayant conduit au cours des 12 derniers mois déclarent avoir vécu un épisode de somnolence les forçant à s’arrêter. Une étude complémentaire menée auprès de 13 187 conducteurs abonnés au télépéage indique qu’un conducteur sur trois a connu au moins un épisode de somnolence sévère dans l’année, et que 40 % d’entre eux ont déclaré un quasi-accident ou un accident lié à cette somnolence.
L’édition 2025 met particulièrement en lumière le lien entre dégradation du sommeil et santé mentale. Depuis 2020, les indicateurs d’anxiété, d’irritabilité et de troubles de l’humeur progressent de façon concomitante à la hausse de la somnolence et à la réduction du temps de sommeil. Ce cercle vicieux — où le manque de sommeil aggrave l’état psychologique, et réciproquement — nécessite une prise en charge conjointe selon les spécialistes de l’INSV.
Le sommeil n’est pas un état passif et uniforme : il s’organise en cycles d’environ 90 minutes qui se succèdent tout au long de la nuit. Une nuit complète comprend en général trois à cinq cycles. Chaque cycle est composé de deux grandes phases :
En début de nuit, le sommeil profond prédomine. À mesure que la nuit avance, les cycles contiennent de plus en plus de sommeil paradoxal. C’est pourquoi les dernières heures de sommeil sont particulièrement précieuses pour la mémoire et l’équilibre émotionnel.
Loin d’être une simple période de repos, le sommeil remplit des fonctions biologiques et cognitives importantes :
Le sommeil est régi par l’horloge biologique interne (rythme circadien), un cycle d’environ 24 heures. Lorsque la lumière diminue le soir, le cerveau sécrète la mélatonine, hormone qui favorise l’endormissement et signale à l’organisme que la nuit est venue.
Tout facteur perturbant cette sécrétion — notamment la lumière bleue des écrans — retarde et dégrade l’endormissement.
La durée de sommeil idéale est celle qui permet de se sentir en forme dès le lendemain matin : en moyenne 7 à 8 heures chez l’adulte, avec des variations individuelles importantes selon les profils « petits dormeurs » ou « grands dormeurs ».
Selon l’enquête OpinionWay-INSV 2025, 45 % des Français déclarent souffrir d’au moins un trouble du sommeil. Ces troubles sont multiples et peuvent se cumuler.
L’insomnie est le trouble le plus répandu. Elle se définit comme un manque ou une mauvaise qualité de sommeil qui retentit sur les activités physiques, psychiques et sociales de la journée.
Elle peut se manifester sous trois formes :
On parle d’insomnie chronique lorsque ces troubles surviennent plus de trois fois par semaine depuis plus de trois mois.
Plus de la moitié des insomnies ont pour origine le stress, l’anxiété ou la dépression.
Des événements de vie, qu’ils soient positifs ou négatifs — mariage, divorce, changement professionnel — peuvent en être déclencheurs.
Si l’insomnie est souvent passagère, elle peut devenir chronique et constituer, à ce stade, une maladie à part entière.
Le tabac, l’alcool, les excitants, les écrans et un rythme de vie irrégulier figurent parmi les principaux facteurs favorisants.
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Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) se caractérise par des arrêts répétés de la respiration pendant le sommeil, entraînant une fragmentation du sommeil et une hypoxie nocturne. Ces pauses respiratoires peuvent survenir des dizaines, voire des centaines de fois par nuit sans que la personne s’en souvienne.
Le signe d’alerte le plus fréquent est le ronflement intense, associé à une fatigue persistante en journée malgré une durée de sommeil suffisante. Non traitée, l’apnée du sommeil augmente significativement le risque de maladies cardiovasculaires, d’hypertension et de diabète. Le traitement de référence est la ventilation en pression positive continue (PPC).
Le syndrome des jambes sans repos (SJSR), aussi appelé maladie de Willis-Ekbom, se manifeste par des sensations désagréables dans les membres inférieurs — fourmillements, picotements, tension, brûlures — survenant au repos et s’atténuant avec le mouvement.
Ces symptômes s’aggravent en soirée et la nuit, rendant l’endormissement très difficile. Les mouvements périodiques des membres qui y sont souvent associés fragmentent encore davantage le sommeil.
Ce syndrome, fréquemment sous-diagnostiqué, peut être lié à des carences en fer, à une insuffisance rénale ou à certains médicaments.
Ces troubles surviennent lorsque l’horloge biologique interne est désynchronisée par rapport à l’environnement.
Ils peuvent prendre la forme d’un syndrome de retard de phase (endormissements et levers très tardifs), fréquent chez les adolescents et jeunes adultes, ou résulter d’un travail décalé, de nuits irrégulières ou de voyages traversant plusieurs fuseaux horaires (jet lag).
Lorsque l’écart entre l’heure du coucher en semaine et le week-end dépasse deux heures, on parle de « jet lag social », qui contribue à une dette de sommeil chronique.
Les autres troubles du sommeil sont :
Ces parasomnies, bien que moins fréquentes, peuvent sérieusement affecter la qualité de vie et nécessitent souvent une consultation spécialisée dans un centre du sommeil. Un enregistrement du sommeil (polysomnographie) peut être prescrit pour identifier précisément les troubles et adapter la prise en charge.
Dans la grande majorité des cas, il est possible d’améliorer son sommeil en adoptant de bonnes habitudes d’hygiène de vie. Voici les recommandations des spécialistes, fondées sur les données scientifiques les plus récentes.
La lumière bleue émise par les smartphones, tablettes et ordinateurs bloque la sécrétion de mélatonine et maintient le cerveau en état d’alerte. Il est conseillé d’arrêter l’usage des écrans au moins une heure avant d’aller dormir, et d’activer en soirée les modes « nuit » ou de réduire la luminosité. Évitez également les notifications nocturnes qui fragmentent le sommeil.
Contrairement à une idée reçue, l’alcool ne favorise pas un bon sommeil : s’il peut faciliter l’endormissement, il fragmente la deuxième partie de la nuit et dégrade la qualité du sommeil paradoxal.
Il est recommandé d’éviter :
Le dîner idéal est léger, peu gras et pris au moins deux heures avant le coucher.
L’exercice physique est un allié majeur du sommeil, à condition d’être pratiqué au bon moment. Une activité physique régulière en journée améliore la qualité et la profondeur du sommeil. En revanche, un sport intense moins de 3 heures avant le coucher peut retarder l’endormissement en maintenant le corps à un niveau d’éveil trop élevé.
La chambre à coucher doit être pensée comme un sanctuaire du sommeil. Les conditions idéales sont une température fraîche (entre 18 et 20 °C), une obscurité totale (les veilleuses des appareils électriques perturbent la production de mélatonine), et un silence ou un fond sonore neutre.
Il est conseillé de réserver la chambre au sommeil et à l’intimité, et de ne pas y travailler ni regarder la télévision.
La sieste est un excellent outil de récupération à condition d’en maîtriser les modalités.
La sieste doit être courte — entre 5 et 20 minutes — pour éviter d’entrer en sommeil profond et de perturber le sommeil nocturne.
Le créneau idéal se situe entre 12 h et 15 h, lorsque la vigilance baisse naturellement.
Au-delà de 16 h ou pour une durée supérieure à une heure, elle risque de repousser l’endormissement du soir.
La lumière naturelle est le principal synchroniseur de l’horloge biologique. S’y exposer dès le réveil — en ouvrant les volets, en se promenant ou en utilisant une lampe de luminothérapie — aide à fixer les horaires d’endormissement et à mieux dormir la nuit suivante. Cette pratique est particulièrement recommandée en hiver, lorsque la lumière naturelle est insuffisante.
Si malgré ces mesures d’hygiène du sommeil, les troubles persistent ou s’aggravent, il est important d’en parler à son médecin traitant. Ce dernier pourra orienter vers un bilan adapté, voire vers un centre spécialisé du sommeil si nécessaire.
Des solutions efficaces existent :
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC), aujourd’hui considérée comme le traitement de référence contre l’insomnie chronique, permet de modifier en profondeur les comportements et pensées qui nuisent au sommeil, sans les effets secondaires des somnifères.
Faite le test pour évaluer la qualité de votre sommeil
Sources :
Le programme
Ameli.fr – Insomnie de l’adulte : définition, facteurs favorisants et traitement
Haute Autorité de Santé (HAS) – Prise en charge de l’insomnie de l’adulte
Santé publique France lance la 16ème édition du Baromètre de Santé publique France. Près de 80 000 personnes âgées de 18 à 79 ans sont invitées à participer à cette enquête
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Le cancer colorectal est le cancer du colon et du rectum. Chaque année, il touche plus de 47 500 personnes (hommes et femmes à quasi égalité) et cause près de 17 000 décès. C’est l’un des cancers les plus courants et les plus redoutables, mais il est également l’un des plus guérissables. C’est là tout l’intérêt de la campagne Mars Bleu, qui vise à sensibiliser la population à l’importance du dépistage précoce. Quels sont les symptômes du cancer colorectal et quels sont les moyens de le prévenir ?
Le cancer colorectal est une tumeur qui touche le colon et le rectum, ce qu’on appelle le gros intestin. C’est la dernière partie du tube digestif. Environ 40 % des cancers touchent le rectum et 60 % le côlon. Elle se développe à partir des cellules de la paroi du tube digestif, formant en premier lieu une tumeur bénigne, un polype. Ce dernier se développe lentement et peut devenir cancéreux.
Le cancer colorectal se développe silencieusement pendant de nombreuses années, et les symptômes ne se manifestent souvent qu’à un stade avancé.
Pourtant, cette maladie peut être facilement soignée si elle prise suffisamment tôt. C’est justement l’intérêt de ces campagnes de dépistage précoce.
Les symptômes à surveiller sont :
Certains facteurs augmentent le risque de développer un cancer colorectal :
A savoir : 95 % des cancers colorectaux sont diagnostiqués chez des personnes âgées de plus de 50 ans.
Pour réduire le risque de développer un cancer du côlon et/ou du rectum, il est essentiel d’adopter des mesures préventives simples :
Dans plus de 80 % des cas, le cancer colorectal provient d’une tumeur bénigne sur un polype qui évolue lentement et finit par devenir cancéreuse. D’où l’importance de la détection précoce. En effet, le cancer colorectal peut être guéri s’il est détecté à un stade précoce.
S’il est détecté tôt, le cancer colorectal se guérit dans 9 cas sur 10.
Le dépistage permet d’éviter plus de 6 000 décès par an en France. Il est particulièrement crucial pour les personnes âgées de 50 à 74 ans. Les chances de guérison sont significativement plus élevées lorsqu’un cancer colorectal est détecté et traité tôt. En effet, cela peut aider à identifier les anomalies avant qu’elles ne se transforment en cancers invasifs.
Il est également possible de demander votre kit de dépistage à votre médecin ou votre pharmacien.
Les pharmacies jouent un rôle essentiel dans la sensibilisation et l’éducation des individus sur les mesures préventives à adopter. Ils peuvent vous fournir des conseils personnalisés sur l’alimentation, l’exercice physique et d’autres comportements sains pour réduire les risques de cancer du côlon. En cas de symptômes tels que la présence de sang dans les selles, une perte de poids inexpliquée, des douleurs abdominales persistantes ou des changements dans les habitudes intestinales, il est crucial de consulter un professionnel de la santé.
En cas de test positif, vous devez prendre RDV avec votre médecin généraliste ou votre gastro-entérologue pour pratiquer des examens complémentaires.
On vous proposera rapidement une coloscopie et vous recevrez les résultats le jour même.
Le dépistage organisé du cancer colorectal ne concerne pas les personnes « à risque », ayant des antécédents familiaux de cancer du côlon et du rectum ou les personnes ayant déjà des problèmes intestinaux.
Les personnes à risque se voient prescrire directement une coloscopie.
A savoir : la coloscopie détecte et soigne. Si des polypes sont détectés au moment de la coloscopie, ils sont retirés immédiatement avant qu’ils se transforment en cancers.
Sources :
https://www.cancer.fr/professionnels-de-sante/statistiques-et-chiffres-sur-les-cancers/epidemiologie-des-cancers/cancer-colorectal
Cancer colorectal